|
|
EXTRAIT
La scène se passe dans une cour de récréation. Avant que la lumière se lève, on entend une sonnerie. Sortent alors, par la gauche, des élèves accompagnés d'un professeur. Ils se répandent dans la cour. Tandis que certains préfèrent se promener, d'autres forment des groupes. D'un groupe, en avant scène, on perçoit une conversation animée sur l'ambiance générale de la matinée.
Alizée
Anaïs
Stéphanie
Alizée
Anaïs
Stéphanie
Anaïs
Alizée
Anaïs
Stéphanie
Caroline
Alizée
Caroline
(rires désabusés).
Alizée
Stéphanie
Anaïs
Stéphanie
Caroline
Stéphanie
Caroline
Stéphanie
Les autres
Anaïs
Caroline
Anaïs
Stéphanie
Alizée
Morgane
Alizée
Caroline
Alizée
Caroline
Anaïs
Stéphanie
Caroline
Anaïs
Alizée
Caroline
Stéphanie
Anaïs
Caroline
Anaïs
Alizée
Anaïs
Stéphanie
Caroline
Morgane
Aude
Les autres
Stéphanie
Morgane
Anaïs
Stéphanie
Alizée
Aude
Caroline
Anaïs
Aude
Stéphanie
Aude
Anaïs
Aude
Stéphanie
Aude
Anaïs
Aude
Anaïs
(coup de sifflet de la prof d'histoire qui surveille la récréation).
Morgane
Caroline
Alizée
Morgane
Stéphanie
Caroline
Alizée
Morgane
Alizée
Morgane
Caroline
Stéphanie
Morgane
Stéphanie
Morgane
Aude
Morgane
Aude
Morgane
FIN DE L'EXTRAIT
C'est vraiment pas juste, j'ai des tas de copines qui sont en grève aujourd'hui.
Oui, je sais.
Ici, ça ne risque pas de se passer…
Tu parles. Ils font grève parce qu'ils manquent de profs !
Eh bien, nous, on n'en aurait plutôt de trop.
Oui, des profs, on en a jusque là ! (elle fait le geste).
Eh ! Et tu sais quoi ?
Quoi ?
Ils font grève aussi, parce qu'il y a trop d'élèves par classe !
Oui, eh bien, là aussi, on a gagné le cocotier. 12 par classe, tu parles comme on est privilégiés.
Les bienfaits de l'école privée…
En attendant, pendant que les autres s'amusent, nous on travaille !
Oh ! Ils ne s'amusent pas : ils revendiquent !
Tu parles ! Tiens, le lycée Jules Ferry ; ils ont le plein en profs, et ils font grève par solidarité. Toutes les excuses sont bonnes, oui.
Tu te rends compte, on devrait avoir honte…
De ne pas être solidaires ? Tu as vu le discours de la Dirlo, ce matin, sur la solidarité ? Collée de 14 à 18 heures, samedi prochain ! La solidarité, à ce prix là… (elle propose un bonbon. Elles se servent).
C'est bon pour Morgane, la solidarité…
T'es vache !
Bah quoi ? C'est la sainte de l'école. Dès qu'il y a un cas désespéré, c'est pour elle.
A mon avis, tu ne la portes pas beaucoup dans ton cœur.
Alors là, détrompe-toi. J'aime beaucoup Morgane, justement, mais elle n'est jamais disponible. On s'amuse bien, au contraire, avec elle. D'ailleurs, ici, tout le monde l'aime bien. Mais… Tiens, regarde, tu vois… Un cas désespéré ! Ah, c'est horrible, qu'est-ce que c'est que çà ? (elle recrache son bonbon dans un papier).
Ah ! C'est dégueulasse ! Ça pique ! Anaïs, y en a marre de tes farces à la noix.
Piment.
Quoi ?
C'est du piment… Super, non ? Ça aseptise bien la bouche, non ?
Tu recommence encore une fois, ce genre de trucs, et je te démonte.
(se lève) Morgane ! Morgane !
Oui, on arrive !
(se rasseyant en soupirant) Oui, à la fin de la récré.
Vous avez vu qui elle nous ramène ?
Ouais, Miss Intello ! La psycho-philomaniaque de l'école ! Quand elle a plus de problèmes philosophiques à résoudre, elle s'en crée !
Il faut reconnaître que dans l'art de se prendre la tête avec des trucs qui ne servent à rien…
Sa vie, par exemple…
Oh, la vache ! (elles rient).
…il n'y a qu'elle pour exceller en la matière. (un temps. Elle regarde Morgane). Et peut-être un peu Morgane… (elle la désigne de la tête).
C'est drôle, ce dévouement permanent pour les autres, comme ça.
N'empêche que parfois, elle nous impose des personnes dont on se passerait bien.
Il faudrait trouver le moyen de s'en débarrasser en douceur…
Anaïs. Je reviens sur ce que j'ai dit tout à l'heure. Je te donne l'autorisation de faire une dernière farce. Je dis bien une dernière. Après je te démonte. Refile-lui une de tes saloperies.
Vraiment ? Je peux ? Je ne sais pas si je dois ?
Fais le, puisqu'on te le demande.
Oui, m'enfin, ce n'est pas très charitable…
C'est un ordre !
Bon, puisque vous y tenez
Bon, ça va, n'en rajoute pas trop.
Les voilà.
Salut les filles ! (Aude a des lunettes à verres très épais. Elles s'assoient).
Bonjour…
(hypocrites) Bonjour Aude.
(s'adressant à Morgane) Qu'est-ce que tu fais samedi, après-midi ? J'ai mon frère et ses copains qui viennent me voir. On pensait se faire une après-midi ciné. Ça te dit ?
Ben, j'ai pas mal de devoirs encore à faire, alors j'aimerais autant travailler, ce week-end.
Nous, on veut bien… On est libre, tu sais.
Bah, vous c'était sûr, je ne vous le demandais même pas. On se retrouve au café habituel, à 14 heures ?
Pas de problèmes.
C'est gentil, mais malheureusement, je ne vais pas pouvoir me joindre à vous : j'ai pris du retard en philo.
Quel dommage !
Oui, c'est bête. On avait pourtant tellement envie que tu sois avec nous…
Vous êtes gentilles. Ça me fait du bien de savoir que j'ai de bonnes amies.
Et tu peux compter sur nous. Si tu veux qu'on t'aide pour la philo, il ne faut pas te gêner.
Oh, non merci, la philo, ça va bien. C'est un peu fastidieux, mais je m'en sors.
Oui, un peu fastidieux… Vous voulez un bonbon, les filles ? (elle fait passer le sachet. Elles se servent. Morgane veut mettre son bonbon à la bouche mais Caroline l'en empêche, elle insiste et Caroline lui glisse un mot à l'oreille. Morgane se met la main devant les yeux et regarde Aude qui l'enfourne. Tout le monde se tait et regarde Aude. Le silence devient presque gênant. Se sentant dévisagée, Aude arrête sa succion).
Qu'est-ce que vous avez ? (Morgane éclate de rire).
Non, non, rien.
(les regarde interrogativement) Ils sont bons, ces bonbons. Je ne connaissais pas… Tu les achètes où ?
Chez un ami de ma mère…
Tu pourrais m'en commander, j'aime bien ce qui est épicé. Tu m'en redonne un, s'il te plaît ?
(interdite). Oui, tiens (elle tend son sachet).
Qu'est-ce qu'elle a encore ? Dis donc, quand elle est à jeun, elle est vraiment pénible, celle-là. (rires des autres).
C'est l'affaire d'une récréation… Après, ça va tout seul. (rires).
Pour nous, pas pour elle. Vous vous souvenez, mardi dernier.
Oh, oui ! J'étais écroulée de rire. J'en pouvais plus.
Racontez, j'ai raté son cours, mardi, à cause du médecin.
Morgane, puisque tu fais du théâtre, raconte lui…
Tu fais du théâtre ? Depuis quand ?
Depuis la semaine dernière.
Et tu va jouer devant un public ?
Ouais. On joue le 6 et 7 Mai.
Génial !
Alors raconte !
Raconte, quoi ?
Pour la prof d'Histoire…
Ah, oui ! Eh bien, l'après-midi était bien avancé, la prof, aussi… (rire), lorsque, soudain, en équilibre sur l'estrade, voulant nous expliquer la chute du troisième Reich, elle à glissé, et en voulant se rattraper, s'est empiergé le pied dans la poubelle, et…Patatra ! Ça a fait un de ces boucan ! Inimaginable. J'étais éclatée.
C'est pas très charitable !
Oui, je sais, mais c'était vraiment trop drôle !
Elle a du se faire mal ?
Penses tu. L'alcool, ça anesthésie. (rires).
| Conformément à la loi française Informatique et Liberté (article 34), vous disposez d'un droit
d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour ce faire, il vous suffit d'en faire la demande par e-mail au Webmaster de ce site. |
| Réalisation et maintenance par François CUNY |