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EXTRAIT
L’appartement de François. Aquarium, chaîne hi-fi, canapé. François héberge Michel qui, à l’ouverture du rideau, passe l’aspirateur, un petit tablier autour de la ceinture. On sonne. Michel va ouvrir.
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Carole Bouquet ? Tu as de drôles de goûts. Tu me dirais Sophie Marceau, encore.
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
Michel
François
FIN DE L'EXTRAIT
T’as encore oublié tes clefs ?
Non, non.
Alors pourquoi tu sonnes ? (il retourne vers l’aspirateur, le débranche, le range)
Parce qu’elles sont dans ma poche. (Il montre les courses)
Bon, o.k., tu fais la cuisine pendant que je finis de ranger ?
Non, non. (Il dépose les courses sur la table) «CHIFFOUMI» !
Oh, non ! Pas «CHIFFOUMI», c’est toujours moi qui perds.
Faux ! J’ai perdu : j’ai fais les courses.
Ouais, bah pour une fois...
(prenant la position) Allez, «CHIFFOUMI» !
Non ! y en a marre ! Et puis, est-ce qu’on a l’âge de jouer à «CHIFFOUMI», je te le demande ?
«CHIFFOUMI» !
Non ! Plus de «CHIFFOUMI». On fait les courses, le ménage, la vaisselle, chacun notre tour. C’est quand même plus juste, non ? Surtout que c’est toujours toi qui gagnes.
Eh ! Tu as voulu habiter chez moi ?
Oui, et alors ?
Ca t’évite de prendre un appart’ ?
Oui, et alors ?
Ici, tu ne paies que la moitié du loyer. Après tout, j’aurais pu te le faire au «CHIFFOUMI», le loyer...
Et puis quoi, encore ?
Donc tu habites chez moi et tu te plies aux règles de chez moi : «CHIFFOUMI» !
Et merde !... (Ils se mettent l’un en face de l’autre, une main derrière le dos et crient «CHIFFOUMI» ! François perd. (Michel éclate de rire et se fiche de François) Et qu’est ce que nous prépare notre cordon bleu, ce soir ?
(En se dirigeant vers la cuisine avec les courses) Des sandwiches !
Quoi ? Mais c’est dégueulasse ! Tu te fous de moi, là ! Moi, je te fais du steak, de l’omelette, quelque chose de chaud, quoi !
Ouais, mais tu sais le steak, de nos jours, avec la vache folle... Quant aux œufs, avec la salmonelle... Donc, sandwiches ! Et puis d’abord, c’est celui qui fait qui choisit.
O.K. Mais la vengeance est un plat qui se mange froid.
Tou, toudou, doudou, tou... Qui c’est qui va se régaler avec la bonne cuisine de François ?... C’est Michou...
Je t’ai déjà dit de ne pas m’appeler Michou, j’aime pas çà.
Excuse-moi Michou (tête de Michel. Tu mets un disque s’il te plaît ?
Non !
Quel mauvais caractère !
(à part) Il est gonflé, lui.
(qui revient avec les sandwiches) Saucisson à l’ail et pâté. Tu veux un whisky ?
Avec du saucisson à l’ail ?
O.K. Pas d’apéro. (S’asseyant et commençant à manger) Tiens, au boulot, il y a une nouvelle secrétaire. Tu verrais le canon... Génial !
(s’emparant d’un sandwich) Ah ?
Ouais, je lui est filé un rancard pour demain midi. Celle-là, mmmh... Il faut absolument que je me la fasse. Elle est mariée, mais elle m’a déjà annoncé la couleur : « Oui, mon mari et moi, c’est plus comme avant, tout çà,... » Tu parles ! (un temps) Il est chauffeur routier, ce con. International, en plus ! Tu vois ce que je veux dire ?
Non, non, je ne vois pas, non.
Allez, sois pas jaloux, mon grand. Tiens, branche-toi la concierge.
Quoi ? La concierge ? Non mais, t’as pas mieux comme gravos ?
Alors là, tu es médisant. Elle est géniale, la concierge. Elle est très mignonne, la concierge.
Ah, oui ! Un canon, comme tu dis. Et quel canon ! Du style de la grosse Bertha.
Du moment qu’il tire bien, que demande le peuple ?
Bon, d’abord, je ne suis pas le peuple, je suis Michel, et puis laisse tomber, j’ai l’imagination fertile : j’ai pas envie de me couper l’appétit. (Il considère son sandwich) Quoique... (François va chercher de l’eau dans la cuisine) Tu me dirais Carole Bouquet…
Alors, excuse-moi, mais entre Sophie Marceau et Carole Bouquet, il n'y a pas photo. Moi, je prends Carole Bouquet.
Et moi, Sophie Marceau. Elle est super Sophie Marceau. Tu as vu comment elle est gaulée ?
Oui, bah, elle n' a rien d'exceptionnel.
Quoi, rien d'exceptionnel ? Rien d'exceptionnel ? Sophie Marceau ?
Oui Sophie Marceau.
Non, mais tu n'as pas vu ses seins ? Ses seins ! Il n'y a pas plus beau que les seins de Sophie Marceau ! C'est à faire virer sa cutie à un vieux pédé sur le retour !
Tu m'excuseras, mais moi aussi, j'ai vu ses seins à Sophie Marceau. D'ailleurs, tout le monde les as vu, les seins de Sophie Marceau ! Et bien, moi, je préfère ceux de Carole Bouquet.
Pfffff ! Elle en a pas.
Si elle en a. Ils sont tout petits, mais vachement beaux.
Eh, qu'est-ce que tu vas en faire de ta Carole Bouquet. C'est un vrai glaçon, un remède pour l'amour.
Pffff ! Carole Bouquet, froide ? Tu la connais pas.
Ah, parce que tu la connais, toi ?
Mais ça se sent ces choses là.
N'importe quoi ! Sophie Marceau, par contre, c'est une sacrée bombe !
Ouais, mais à retardement. Quand elle se décide à exploser, tu es déjà au bout de la rue.
Bon, on va pas se disputer. Toi tu prends Carole Bouquet, et moi Sophie Marceau. Comme ça, c'est sûr qu'on risque pas de se les piquer.
D'accord, tope là ! (il se tape dans la main). Bon, parlons peu, mais parlons bien. Tu as pensé à notre projet ?
Pas eu le temps.
Evidemment, tu pensais à autre chose... (il dessine une nana dans le vide)
Même pas. (mimique de Michel) Je t’assure que non. Franchement, non.
Bah, alors ?
Mais j’ai travaillé, tu es marrant. 57 dépannages par téléphone, j’ai fais, aujourd’hui. Dont un, alors là, il faut le faire : une secrétaire qui me bigophone parce qu’elle n’arrivait pas à utiliser son logiciel de compta. 3/4 d’heure au bout du fil. Bonjour la note. Je comprenais plus rien. En fait, elle avait pas branché son imprimante...
Et ça n’imprimait pas.
Ouais, mais dans la tête aussi, elle imprimait pas.
Bon, et notre projet ?
Je sais pas. Faut voir...
Ca te branche ou ça ne te branche pas. Faut le dire tout de suite.
Mais oui, ça me branche... Je te l’ai dit. Mais il faut voir... 50.000 balles à sortir ça donne à réfléchir...
100.000 balles !
Ouais, mais 50.000 pour moi.
On les récupère après...
Mais tu es vraiment sûr que ça va se vendre çà ?
Bah, oui ! Ca va partir comme des petits pains.
Quand même, du vin pour chien ! Moi, mon clebs, il boira de l’eau !
Mais pense à toutes ces grand-mères qui donnent du steak, du foie, du jambon à leur toutou d’amour... Alors pourquoi pas du vin ? Sans alcool, en plus...
Encore heureux. Tu vois la gueule du chien si c’est du 12 degrés ? (un temps) Non, mais je vais voir... Qu’est-ce qu’il y a, à la télé ?
Rien
C’est à dire ?
« Le gendarme de Saint-Tropez » sur la 1. Sur la 2, « le gendarme à New York ». Sur la 3, « le gendarme et les gendarmettes », et sur la 6 « le gendarme et les extra-terrestres ».
Génial ! Canal Plus ?
Un spécial rétrospective sur Louis de Funès.
(dans un soupir) Et Arté ?
Un documentaire...
Ah bah voilà !
... sur la gendarmerie française.
Génial ! Je vais me coucher. Je vais bouquiner un peu, et puis après, je vais faire dormir les yeux.
Bonne nuit Françounet.
Bonne nuit, mon Michou. (François va pour sortir, Michel va pour allumer la télé, lorsqu’on sonne. Michel va ouvrir, pendant que François reste figé dans son mouvement. A la vue de Brigitte, François essaie précipitamment d’enlever son tablier, mais n’y arrive pas. Il finit par le tourner à l’envers et essaie de masquer les nœuds avec ses mains)
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